Je ricane. Betement. Plus je marche dans la rue plus je ricane. Elles sont extraordinaires !!!!
Ce que j'aime dans la ville dans laquelle je vis, c'est que les plus jeunes donzelles ecervelées aux neurones obnubilées par tout ce qui peut-être masculin, cotoient les touristes anglais bien souvent bien plus agés et ayant la classe typique de l'angleterre. J'adore observer les regards outrés que les derniers lancent aux premières.
Ce que j'aime aussi dans ma ville, c'est que quand tu sors tes plus jolies fringues de ton placard, celles qui te font des seins/des hanches/un ventre/ des jambes magnifiques, tu te sens la plus belle en sortant de chez toi, tu sens le soleil jouer dans tes cheveux, tu es l'incarnation même de la nana bien dans sa peau. Et puis tu fais 50 mètres, et là tu es assaillie par une vague d'autochtones qui, aussitôt, te font te sentir petit moineau tombé du nid au milieu d'une nuée de beaux cygnes. Tes cheveux sont moins brushés, tes lèvres moins (ou pas du tout dans mon cas) glossées, tes fringues trop "cheap", tu ne vois plus que ce petit accroc dans ton pull ou ce mini paquet qu'a fait ton mascara ce matin.
Et c'est ainsi que petit à petit, tu cèdes à l'obsession ambiante : passer des heures le matin devant tes vetements à te demander quoi te mettre, te ruer chez The Body Shop dès que tu n'as presque plus de crème de jour, collectionner les chaussures, tout ça pour ne pas subir les regards des gens que tu vas immanquablement croiser toute la journée, et qui te rappelleront tout aussi immanquablement que tu as moins d'argent, et donc de style, que la plupart de la population qui vit dans un périmètre restreint autour de toi. L'horreur.
Alors on va encore me dire : "mais l'argent ne fait pas le bonheur !" ou alors : "mais non, reste comme tu es !". Mais promis, avoir des cheveux bouclés indomptables, des pantalons tous troués sans exception, une seule paire de chaussures par saison plus une paire de talons aiguilles élimés que tu sors à chaque occasion qui l'exige depuis des années, ne pas savoir se maquiller, brûler au moindre rayon de soleil et, ô horreur !, avoir des kilos en trop dans un monde où la perfection est le maître mot, ça vire à l'obsession avant même qu'on ait pu s'en rendre compte.
Une petite pensée donc, pour les gens qui m'entourent, ô pauvres étudiants boursiers, qui subissent sans pouvoir réagir la loi de la "mirabelle" qui sévit ici. Je pense que le crous devrait prendre ceci en compte à l'attribution des bourses...
Ceci n'était pas une longue plainte, juste une constatation. Et je sais que beaucoup se reconnaitraient là dedans, s'ils n'avaient pas peur de lutter contre la folie financière qui te donne honte de rouler en 306.
Bref, ça ne veut rien dire.....................